Derrière chaque athlète se cache un groupe de personnes tout aussi déterminées à atteindre l’excellence en piste et en dehors. Au cœur du confinement mettant le monde sur pause, Tom Clark a commencé son rôle de coach de performance auprès d’Esteban Ocon en janvier 2021. Il décrit son métier comme un service direct envers l’aspect humain de chaque pilote et ses premières années avec l’équipe en sont la preuve.

 

 

« Travailler avec Esteban est un rêve pour moi. Ce travail est arrivé au moment idéal de ma carrière. J’étais prêt à relever un nouveau défi et j’ai eu la chance d’obtenir ce rôle auprès d’un excellent pilote. »

 

 

Malgré des vols restreints et la fermeture des frontières, Tom a rejoint Esteban en France pour six semaines d’entraînement en isolement avant le début de la saison. Le duo a rapidement pris ses marques au cours de séances d’haltérophilie et d’innombrables heures au simulateur personnel d’Esteban, construisant ainsi une relation en dehors des circuits, axée sur la maximisation du potentiel d’Esteban avant le coup d’envoi de sa campagne en 2021.

 

 

« Beaucoup de pilotes ont leurs subtilités et des habitudes qui fonctionnent déjà pour eux. En commençant à travailler avec Esteban, je devais garder à l’esprit qu’il avait connu le succès en Formule 1 avant mon arrivée, mais aussi en GP3 et en Formule 3. Je devais donc comprendre tous les éléments qu’il en avait conservés. C’était vraiment un processus d’observation, pour voir ce que je pouvais apporter et réunir ces deux visions en visant le meilleur résultat possible. »

 

 

Durant un week-end de course, le rôle de Tom est focalisé sur la préparation et la récupération d’Esteban. Ils donnent la priorité à la forme physique, à la nutrition, à la gestion du sommeil et aux stratégies pour combattre les effets du décalage horaire tout en s’assurant qu’Esteban est bien dans sa tête. Après avoir rapidement établi un rythme de travail à travers les hauts et les bas de la première moitié de saison en 2021, Tom et Esteban ont célébré la première victoire du Français au Grand Prix de Hongrie en août 2021.

 

 

Pour Tom, la vie de coach de performance n’a pas toujours été un but clair. Passionné de sport et d’exercice, il a obtenu un diplôme universitaire de premier cycle en sciences de la santé et de l’exercice avec une spécialisation dans l’entraînement personnel. De fil en aiguille, il a été attiré par l’idée de travailler dans le monde du sport professionnel, et le concept de performance comme mesure du succès est vite devenu une fascination dans sa carrière naissante.

 

 

Après une maîtrise en sciences appliquées du sport, Tom a effectué un stage dans une salle de fitness basée près de l’aéroport de Gatwick, un lieu ouvrant ses portes aux pilotes de course. Passé à temps plein après l’université, Tom y a acquis l’expérience idéale au moment crucial. Durant ses deux années là-bas, des centaines de coureurs s’y sont arrêtés pour diverses raisons, comme une séance d’entraînement, une évaluation ou un soutien nutritionnel. Tom a alors pu mieux comprendre les besoins des athlètes performants dans leur régime d’entraînement.

 

 

Si la victoire d’Esteban en 2021 était l’un de ses premiers souvenirs forts, Tom adore entrer dans le rythme des épreuves s’enchaînant toutes les semaines. Ils restent ainsi sur la route et prennent une longueur d’avance sur l’entraînement et le repos tout en mettant l’accent sur la création d’un environnement détendu avant le week-end suivant.

 

 

« Ce n’est probablement pas assez glamour de voir les pilotes évoquer leur stratégie pour combattre les effets du décalage horaire, mais c’est évidemment une partie importante du week-end de course. Je ne pense pas que cela soit très bien documenté, donc on pourrait croire qu’ils sortent de l’avion en espérant que tout se passe bien. La meilleure manière de lutter se trouve dans votre préparation, votre comportement et la façon dont vous abordez le sujet. »

 

 

Au-delà de son rôle auprès d’Esteban, Tom rédige une thèse de doctorat sur le décalage horaire. Compte tenu des déplacements uniques qu’implique un sport globalisé tel que la Formule 1 avec différents fuseaux horaires chaque week-end, Tom estimait qu’il s’agit d’un domaine sous-étudié et souvent mal compris dans la préparation des pilotes. Son intérêt envers les limites de performances des pilotes sur un calendrier de vingt-trois rendez-vous l’a amené à aider Esteban, et plus largement BWT Alpine F1 Team, à comprendre l’importance de gérer le décalage horaire tout en parcourant la planète.

 

 

L’an dernier, Tom a donné une présentation auprès de l’écurie sur le décalage horaire et les moyens d’y remédier, observant quelques membres de l’équipe lors de leurs voyages du Royaume-Uni à Austin, puis d’Austin au Mexique. Il a ainsi pu analyser comment ils différenciaient les deux lieux de course et son travail a éclairé une grande partie de la recherche de sa thèse. À travers des exposés et de courts questionnaires, il provoque le débat au sein de nos rangs pour aider chacun à tirer profit de sa propre expérience pour maximiser ses heures de repos et ses performances. Il perçoit son doctorat comme une quête professionnelle afin de devenir le meilleur atout de son pilote, puis de l’équipe.

 

 

« Vos manières de lutter contre le décalage horaire résident dans votre préparation, dans votre comportement et dans la façon dont vous l’abordez plutôt que dans une pilule miracle pour faciliter les choses. Voir les gens adopter ces stratégies lorsque nous sommes à l’aéroport, en mettant par exemple des lunettes bloquant la lumière, est vraiment encourageant. Avec l’évolution du sport, le nombre croissant de courses chaque saison et de grands bonds entre différents fuseaux horaires, il est bon de voir que les gens s’en préoccupent davantage. »

 

 

Avec une augmentation des courses intercontinentales au calendrier sur une période restreinte, Tom estime que ses recherches sur le décalage horaire finiront par changer la façon dont les membres de l’équipe voyagent. Il se réjouit de voir que de plus en plus de gens prennent conscience de l’impact négatif du jet lag sur le corps et du fait que les symptômes de la privation chronique de sommeil rendront le travail toujours plus difficile au fil du temps. Ses riches connaissances dans le domaine se sont également affirmées comme une caractéristique déterminante dans son rôle de coach de performance et il est plus concentré que jamais sur son objectif de devenir le meilleur atout d’Esteban, et de l’ensemble de BWT Alpine F1 Team.